
Extrait d’une longue nouvelle
À deux reprises, j’ai cru qu’on me hélait, et j’ai hâté le pas avant de déboucher sur la grande avenue. Alors, j’ai progressé parmi des maisons et des entrepôts, avec des murs sans toit, des terrasses inachevées. Rectangulaires et noirs, des blocs plus élevés se découpaient dans la pénombre. On devinait que des vitres manquaient. D’immenses halls aux miroirs dévastés trouaient les façades blanchâtres, et dévoilaient des sols parsemés de pampilles, des plantes desséchées. Parfois, auprès d’un réverbère, le profil d’un gardien…
Des carcasses de véhicules rouillés, aux tôles défoncées, gisaient tout le long des trottoirs : il fallait prendre garde à ne pas trébucher !
Derrière des branches aux guirlandes tintinnabulantes, des palaces délabrés. Les carrés glauques des piscines débordaient de bêtes mortes, et je ne passais qu’avec répugnance dans les brisures des palissades. Sursautant aux hululements d’une patrouille motorisée, j’ai pourtant persisté dans ma fuite vers le bas… Au risque que des terres spongieuses ne m’aspirent (d’anciennes chaufferies y empêchaient le gel) !
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